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Comprendre les TMS

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont le premier problème de santé au travail en France, loin devant les accidents. Voici ce qu'ils sont, qui ils touchent, et pourquoi ils concernent tous les métiers — y compris le travail de bureau et le télétravail.

1.1 Définition d'un TMS

Un TMS (trouble musculosquelettique) désigne une douleur ou une gêne qui touche les articulations, les muscles ou les tendons, le plus souvent au niveau des épaules, des coudes, des poignets, des mains ou du bas du dos. En clair : le corps a été sollicité au-delà de ce qu'il pouvait supporter, et il le fait savoir.

Il ne s'agit presque jamais d'un simple ressenti passager : ce trouble constitue un véritable signal d'usure, qui peut résulter de gestes répétés, de mauvaises postures, mais aussi du stress ou d'une organisation du travail inadaptée.

En France, 9 maladies professionnelles sur 10 sont aujourd'hui des TMS, qui constituent de très loin le premier problème de santé au travail, bien avant les accidents ou les autres maladies professionnelles.

Les douleurs les plus fréquentes touchent l'épaule (un peu plus d'1 cas sur 3) et le poignet ou les doigts (environ 1 cas sur 3 aussi). Le mal de dos, à lui seul, est responsable d'environ 1 accident du travail sur 5.

Source : Assurance Maladie (ameli.fr), chiffres 2024

1.2 La fréquence des TMS en France

Ce phénomène est plus fréquent qu'il n'y paraît. Chez les personnes qui travaillent, une étude nationale a montré que :

  • Un peu plus d'une femme sur deux et un homme sur deux ont déjà ressenti des douleurs de dos ou de bras liées à un TMS.
  • Ces douleurs touchent davantage les femmes que les hommes.
  • Plus on avance en âge, plus le risque augmente, pour tout le monde.

Ce phénomène concerne une large part de la population active, dans tous les secteurs, et non uniquement les métiers physiques.

Source : Santé publique France, 2021

1.3 Les causes des TMS

Un TMS ne résulte presque jamais d'une seule cause : il découle le plus souvent de la combinaison de plusieurs facteurs qui, ensemble, finissent par user le corps.

1. Le rythme et l'organisation du travail. Le rythme imposé, les horaires, la répartition de la charge entre les équipes ou encore la façon dont les tâches sont réparties jouent un rôle déterminant dans l'apparition d'un TMS. Un délai de réalisation trop court, un temps de récupération insuffisant entre deux efforts, ou l'absence de pauses régulières empêchent le corps de récupérer correctement. Ces éléments, souvent perçus comme de simples contraintes de planning, comptent en réalité parmi les premiers leviers sur lesquels agir pour prévenir un TMS.

2. Le stress et l'ambiance de travail. Ce facteur est souvent oublié, mais il reste essentiel : le stress, le manque d'autonomie, le manque de reconnaissance, l'absence de soutien de ses collègues ou de son manager, ou encore la peur de perdre son emploi jouent un rôle réel. Il ne s'agit pas d'une simple impression : le stress entraîne une contraction musculaire prolongée et plus intense, ce qui accroît la charge supportée par les muscles et les tendons et ralentit leur récupération.

Les chercheurs ont montré qu'une situation est particulièrement à risque : quand on demande beaucoup à un salarié tout en lui laissant très peu de marge pour décider comment faire son travail. Environ 1 salarié sur 4 en France est dans cette situation.

3. Le corps et le geste lui-même. Il s'agit de la cause la plus connue : porter des charges lourdes, répéter sans arrêt le même geste, travailler bras levés ou dans une posture inconfortable, subir des vibrations (outils, véhicules). Le froid, le bruit ou un mauvais éclairage peuvent aussi aggraver les choses.

Source : ameli.fr ; INRS (institut de référence sur la santé au travail) ; DARES (ministère du Travail)

1.4 Un risque présent dans tous les métiers

On imagine souvent les TMS réservés aux métiers « physiques », à tort : sept secteurs sont particulièrement concernés, à savoir les transports et la logistique, le commerce, l'agroalimentaire, le bâtiment, la propreté, la métallurgie, et l'aide ou le soin aux personnes âgées (notamment en maison de retraite).

Mais le travail de bureau n'est pas épargné. Rester assis toute la journée devant un écran, taper au clavier, utiliser une souris de façon répétée : cela provoque aussi des douleurs, notamment au cou, aux épaules et aux poignets.

Source : ameli.fr ; INRS

1.5 Le télétravail, une nouvelle source de risques

Avant 2020, seulement 7 salariés sur 100 télétravaillaient. Avec la crise sanitaire, cette pratique s'est généralisée en quelques semaines, et elle est restée.

Une étude officielle menée juste après cette période a montré un constat clair : les télétravailleurs ont eu davantage de troubles du sommeil et de douleurs qu'avant. Leur temps de travail a souvent augmenté, et le soutien de leurs collègues a eu tendance à diminuer, surtout pour ceux qui télétravaillaient beaucoup.

Pourquoi ? Deux raisons principales :

  • Le poste de travail à la maison est rarement bien installé : ordinateur portable sans écran ni clavier séparés, table de repas ou canapé en guise de bureau, chaise non réglable… Résultat : le corps reste dans une mauvaise position pendant des heures.
  • On bouge beaucoup moins : plus de trajets, plus de déplacements dans les couloirs du bureau, plus de pause-café avec les collègues. Cette sédentarité pèse sur le corps.

À cela s'ajoutent des risques moins visibles : une charge de travail qui grimpe, un sentiment d'isolement, et une frontière de plus en plus floue entre vie professionnelle et vie privée.

Le télétravail n'est ni bon ni mauvais en soi pour la santé. Tout dépend de la façon dont il est organisé, du matériel fourni, et du maintien du lien avec l'équipe.

Source : INRS ; DARES

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